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L'Homme est pris dans une guerre qu'il ne peut voir, qu'il ne pourrait comprendre, et à laquelle il ne saurait prendre part.
 

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 Quand les rêves se brisent ...

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Cassandre

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MessageSujet: Quand les rêves se brisent ...   Lun 7 Juin - 7:10

Dans une chambre où des bandes de fins tissus pourpres recouvraient le plafond, un grand lit à baldaquin dont la couleur de l'étoffe se confondait avec celles de la voûte, une jeune femme dormait, allongé sur des draps sombres de satin. Tout son corps serpentait, comme torturé par une souffrance. Ses cheveux suivaient le mouvement lorsqu'elle tournait la tête, tels le feuillage des branches des arbres lors des jours de vent. Ses yeux fermés semblaient bouger, se froncer comme si elle rêvait ou cauchemardait …


De l'eau me lave et me transperce tant elle est froide, comme des lames de glace. Mes yeux s'ouvrent. Je suis dans une rue, grise, il fait nuit et il pleut.

Les larmes du ciel sont si fortes qu'elles forment comme un nuage de brouillard humide tellement fort que je ne vois pas le bout de la rue. L'averse me glace le sang, la peur me paralyse sur place. Qu'est ce qui me terrifie ainsi, il n'y a rien ici. Je serre mes bras autour de ma poitrine, essayant de me réchauffer, tout mon corps est transi de froid, ruisselant d'eau de pluie. Mes long cheveux se plaquent contre mon visage, ma nuque, mon dos.

- Où suis-je ?

Ma voix se perd dans ce déluge, ne ressemblait guère plus à un murmure comparé à la tempête qui rugit autour de moi. Dans cette vision de l'apocalypse, je vois, enfin au long dans la rue, une fine silhouette noire et floue. Qui est-ce ? Je n'en sais rien, mais je cours vers elle, vers cette apparition. Il faut que je sache comme si tout mon monde en dépende. Je cours, à chaque foulée, j'ai l'impression de créer un raz de marée tant l'eau s'envole. Mon cœur bat plus fort, ma peur augmente.

Soudain, tout s'arrête. Ma course, mon cœur, mon esprit. Seul mes yeux fonctionnent encore, fixant cette forme immobile. Habillé d'un long manteau noir dégoulinant, il m'observe. Son visage est étrange, trop. Ses yeux sont clairs, mais sont-ils vrais ? Tout en lui m'intrigue et me pétrifie. Grand, ses bras maigres se termine par des main arachnéennes. Ses jambes aussi fine et longues que ses bras sont encore grandi par des immense bottes qui le décolle du sol.
Mais le seul détail qui me terrifie étaient ses immenses ailes noire d'ébène, plus grand que celle des plus immenses oiseaux.
Mes lèvres remuent, un nom en sortit

- Raquel...

Un sourire des plus angoissant apparaît sur son visage. Un sourire qui me faisait peur. Oui, lui la première création de mon maitre. Ses longues ailes noires semblent m'envelopper, comme des griffes acérés. Je hurle mais mon cri se perd dans la nué de plumes tranchante.

-Raquel !!!


Mon cri se perpétue, même lorsque je m'extirpe de ce rêve et cri sur mon lit.

-Raquel est de retour ...
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Ashael
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MessageSujet: Re: Quand les rêves se brisent ...   Ven 18 Juin - 13:47

-Raquel !!!

Ses grands yeux s’ouvrent subitement, son corps, tendu, sursaute, tressaillit et un faible gémissement, un soufflement provenant de ses entrailles annonce une nouvelle qui attire irrémédiablement le regard de la femme assise près de la fenêtre.

-Raquel est de retour...

Un sourire inquiétant étire alors les commissures habituellement si immobiles d’Ashael. Cette dernière, reportant ses prunelles inertes vers la fenêtre, vers le spectacle époustouflant qu’offre sa cité immaculée et de ses Anges tourbillonnant et voltigeant dans les airs, cette dernière, disait-on, croyait ressentir une sorte de jubilation mal contenue, ou peut-être était-ce de la frayeur… ou de l’espoir. Ashael n’avait jamais été doué avec les sentiments, elle ressentait certes certaines modifications au niveau de son comportement, au niveau de ces étranges et troublantes émotions, mais elle ne saurait comme les décrire ni même quel qualificatif leur donner.

Ashael se redressa alors, avança d’une démarche ondulante en direction du lit, tendit une main longue et mince, gracieuse et pâle, afin d’effleurer la joue doucereuse de Cassandre, de son oracle. C’était peut-être bien de l’excitation qu’Ashael éprouvait. Peut-être bien.

-Raquel? De retour? Il était temps.

Sa voix n’était qu’un murmure, un frémissement mélodieux que seul Cassandre pouvait percevoir.

-Je l’ai attendu depuis si longtemps. Depuis quatre cent ans qu’il se cache, qu’il me fuit. Et maintenant, il est de retour. En connais-tu la raison? La venue de Raquel est tout ce que tu as vu? Et où se trouve-t-il?

Si son fils réapparaissait, c’est que les pions pouvaient dorénavant bouger. Oui, c’était bien de l’excitation qui animait alors Ashael. Une excitation débordante, envoûtante. Le jeu pouvait se mettre en branle. Le jeu pouvait commencer. Le jeu aura finalement lieu avant qu’Ashael ne tombe en poussière d’ennui.

-Tu sais, Cassandre, ma fille, c’est peut-être la meilleure nouvelle que j’ai eue depuis un moment. Parce que vois-tu…

Ashael s’assit près de la jeune femme, lui caressa les cheveux, lui frôla les lèvres de ses longs doigts raffinés. Quelqu’un assistant à cette scène se ferait sans doute des conclusions… déstabilisantes concernant la relation entre ces deux femmes, mais quiconque connaissait un tant soit peu Ashael saurait que… que tout ceci n’était rien.

-Je réserve à Raquel un accueil des plus… retentissants. Observe bien la terre, Cassandre, le jeu deviendra de plus en plus intéressant. Parce que, sur terre, il y a la faiblesse de Raquel, parce qu’il y a cette chose insignifiante que l’on nomme… amour.

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Cassandre

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MessageSujet: Re: Quand les rêves se brisent ...   Mar 22 Juin - 20:11

Mon cri se perpétue, même lorsque je m'extirpe de ce rêve et cri sur mon lit.

-Raquel est de retour ...

La sortie de mon rêve fut si violente que j'ai le souffle coupé. J'aspire l'air à pleines bouffées, tant que d'ailleurs je me met à tousser brutalement. Mes cheveux sont éparpillés sur mon crâne, me collent à la peau, m'empêchent de voir. Je veux les pousser mais mes mains tremblent trop. Mon corps entier se souvenait encore de la peur, de la terreur de mon rêve. L'eau froide sur mon corps, la peur qui grandissait, les ailes de Raquel qui m'entouraient. Mes membres sont parcourus d'un frisson de peur, puis un autre. Je hais ce genre de vision, aussi intense, assez pour me traumatiser même après mon réveil.

Enfin je trouve la force de soulever les mèches qui me recouvrent le visage, il fais jour, je suis dans ma chambre, je sais que je suis chez moi, en sécurité. Devant moi, Les longues bandes de tissus sombres qui pendent au plafond et décorent ma chambre semblent légèrement se soulever. Un petit vent parcoure la pièce. Mon regard se tourne par réflexe vers la fenêtre.

Quelqu'un se trouvent devant. Ses longs cheveux couvrent ses épaules et son dos. Son visage quelque peu tourné vers la vue qu'offre la fenêtre sourit, étrangement. Cette personne doit voir toute la cité. Ma peur tombe un peu maintenant que je voie et surtout reconnais cette personne. Un léger sourire commence à apparaître sur mon visage couvert de sueurs froides. Elle se redresse et tourne la tête vers moi, puis se met à avancer doucement vers moi, de cette démarche inégalable en souplesse et en agilité.

Ashael s'arrête devant moi, je lève mon visage vers elle tandis qu'elle tends la main vers moi, doucement. Ses longs doigts fins effleurent ma joue en une tendre caresse. Elle sait que ce genre de geste peut me calmer très vite. J'aimerai prendre cette douce main si pâle dans les miennes mais je n'ose, préférant observer le sourire d'Ashael. Il semble mêlé plusieurs émotions, semblant être à la fois inquiet et heureux, ou impatient. Je ne saurais vraiment définir l'expression de celle qui se tient debout, cherchant déjà à arrêter le battement encore effréné de mon cœur.

- Raquel ? De retour ? Il était temps.

Sa voix presque chuchotante ressemble à une faible rumeur. Même une autre personne dans la pièce n'aurait pas put entendre Ashael.

-Je l’ai attendu depuis si longtemps. Depuis quatre cent ans qu’il se cache, qu’il me fuit. Et maintenant, il est de retour. En connais-tu la raison ? La venue de Raquel est tout ce que tu as vu ? Et où se trouve-t-il ? 

Son sourire se précisait. Je commence à le comprendre. Son sourire ressemblait maintenant à celui des petits garçons, lorsque je les voie en train de courir dans les parcs publics, à se courir après. Les mères se plaignent entre elle en disant qu'ils sont surexcités, qu'ils font les fous. C'est de plus à plus à que ressemblait le visage d'Ashael, à celui d'un enfant.

- Il est arrivé à Paris, je ne vu que cela. Je ne sais pas où il se terre dans la ville mais il est ici en ce moment.

Je me sens un peu honteuse. Je n'aurais pas du chercher à sortir de ma vision, j'aurais peut être eu les réponses aux questions d'Ashael en continuant à dormir. Maintenant, je suis réveillé et je ne sais rien. Sans m'en rendre compte, je baisse les yeux vers le sol. Si j'ai comparé Ashael à un petit en train de jouer, moi je dois ressembler à un gamin en train de se faire gronder par sa maman.

- Tu sais, Cassandre, ma fille, c’est peut-être la meilleure nouvelle que j’ai eue depuis un moment. Parce que vois-tu…

Enfin elle s'assit à mes côtés. Je daigne relever le regard vers Ashael, attendant la fin de sa phrase. Ses doigts se faufilent dans mes doigts, les repoussant en arrière de mon visage. Puis il les passe sur mes lèvres, comme pour me demander le silence, mais je ne dis pas un mot. Et je n'en dit pas plus. Ma tête lourde, je la fais tomber sur son épaule. Ashael continue de passer ses doigts dans mes cheveux. Là maintenant, je me souviens de l'image d'une mère et de sa fille à qui nous devons ressembler à cet instant. Je penche encore ma tête, me fais une place contre son cou. Mes cheveux doivent lui tenir chaud. Soudain il se met à finir sa phrase.

- Je réserve à Raquel un accueil des plus… retentissants. Observe bien la terre, Cassandre, le jeu deviendra de plus en plus intéressant. Parce que, sur terre, il y a la faiblesse de Raquel, parce qu’il y a cette chose insignifiante que l’on nomme… amour.

Un accueil retentissant ? Connaissant mon père, j'essaye d'imaginer ce que prévoyait Ashael. Bien sur, j'abandonne. Même après deux milles ans d'existence à ses côté, je n'arrive jamais à prévoir vraiment ses actions ou à devenir ce qu'elle pense. Je ne peux que prévoir si elle sera ou pas heureuse d'accomplir son travail. Et là, je sens beaucoup plus de joie que d'autre chose. De l'excitation aussi mais de l'impatience. Un travail qu'elle devait valoir finir depuis longtemps.
Et qu'est ce qu'Ashael voulait dire ? ''le jeu deviendra de plus de plus intéressant'' ? Ashael voie donc la situation comme un jeu d'échec. Et cette allusion à ''l'amour'' ? Comme les couples dans la rue, collé ensemble comme s'ils s'étaient versé un pot de glue sur le corps. Raquel … je n'arrive pas à imaginer Raquel en train d'enlacer une femme, ou de l'embrasser tendrement. Non, je ne comprend pas ce que dit Ashael.
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Ashael
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MessageSujet: Re: Quand les rêves se brisent ...   Jeu 12 Aoû - 23:38

Cassandre relèva vers Ashael des yeux interrogateurs. Mille questions semblaient illuminés ses prunelles envoûtantes et davantage encore s’étiraient sur ses traits et menaçaient de se déverser par sa bouche sensuelle. Cependant, Ashael contemplait un point fixe, une chose invisible que seul l’ange pouvait observer. Sous le regard d’Ashael se dessinait les formes de son fils : sa longue silhouette filiforme, sa longue chevelure noire et soyeuse, captant la lumière et l’absorbant, son visage émacié, ridiculement laid, ses petits yeux pâles bordés de longs cils sombres, sa large bouche raide et pulpeuse, son teint blafard, cadavérique, ses immenses ailes de jais qui surplombaient sinistrement la radieuse lumière des anges… Oui, Ashael arrivait facilement à se représenter Raquel comme il était lors de leur dernière rencontre. Cela remontait à quelle époque? Ashael ne pouvait s’en souvenir, tout était confus dans sa mémoire, tant de choses se mêlaient et se confondaient.

Ashael tapota gentiment la tête de sa protégée comme il voyait les mères le faire à leur progéniture. Le geste en soi ne lui révélait pas grand-chose, mais les sujets semblaient en éprouver de la… reconnaissance. Était-ce le mot juste? Ashael ne saurait le dire avec certitude. À ses yeux, les humains avaient tant d’émotions inutiles pourtant si complexes…

-Tu vois, ma chère Cassandre, Raquel n’est pas aussi invincible comme le prétendent tes frères et sœurs. Nous avons tous une faiblesse, une part d’ombre qu’il nous faut protéger. J’ai appris cela en étudiant les humains, les vampires et même les anges, à mon grand malheur.

Ses longues mains pâles et chaudes se baladaient dans le chevelure emmêlée de l’oracle, parfois frôlant les fines oreilles de la femme ou poursuivant la ligne gracile de sa nuque. Ashael vit la peau frissonner et s’étonna de cette réaction. L’ange n’avait jamais frissonné, jamais rien ressenti qui puisse lui prodiguer un effet aussi… intéressant et incompréhensible.

-Raquel, ton frère, mon fils, possède une formidable faiblesse. Il est… plus humain qu’il n’y paraît. Il y a quatre cent ans, je ne me doutais pas qu’il puisse être aussi vulnérable, mais un évènement incroyable est alors survenu…

Ashael avait vu un homme impitoyable, au cœur de pierre, assoiffé de vengeance et animé par une sourde colère, ramper misérablement devant la beauté sauvage d’une femme vibrante de haine et de cruauté.

-Grâce à cela, je sais comment l’abattre, mais avant il faut jouer. N’est-ce pas? Il faut jouer lentement, doucement, parce que s’il s’aperçoit de quelque chose trop rapidement, et non à l’heure prévue, tout risque d’échouer. Pour se faire, j’ai besoin que tu te concentres principalement sur Raquel, Cassandre, mais n’oublie jamais d’ouvrir ton esprit à toute autre prophétie. Garder un œil sur cette petite Ida est nécessaire également, nous saurions quand exactement la mademoiselle décidera de lancer ses valeureux guerriers contre nous.

Se levant, Ashael s’éloigna du lit à baldaquin de quelques pas et longea la pièce d’un mur à l’autre. Son regard était voilé par la réflexion, l’une de ses mains s’enroulait dans sa sublime chevelure noire tandis que l’autre s’évertuait à triturer les borderies en dentelle du corsage de l’ange.

-J’ai besoin de tout savoir sur Raquel. Inutile d’envoyer des espions, il les repéra et les tuera. Demeurons à l’écart, Cassandre. Préviens-moi de toute vision le concernant et de mon côté, je veillerai à ce que mon arme lui tombe entre les mains.

Ashael s’immobilisa, et le sourire qui étira ses lèvres n’avait rien de bienveillant. En effet, il y avait dans ce sourire le reflet du monstre qui se tapissait sous cette chair et cet esprit implacable. Il y a dans tout être une part de noirceur, certains la dissimulent avec succès d’autres l’exhibent avec arrogance. Ashael ne faisait partie d’aucune catégorie. La créature n’était pas mauvaise en soi, seulement différente, seulement indifférente. Peut-être était-elle blasée, lasse de ce monde et des autres, lasse de vivre et de ne pouvoir mourir. La mort pour elle était une conception étrange, voire mythique. Plus rien ne pouvait la distraire. Pourtant, une seule chose semblait encore y parvenir.

-Le jeu a commencé il y a deux mille ans, Cassandre. Et maintenant, je vois poindre le jour où l’un des joueurs triomphera. Ce qui est amusant dans tout ça, vois-tu, c’est que ces joueurs ignorent qu’ils participent au jeu et qu’ils en sont les piliers principaux. Ce qui m’ennuie, par contre, c’est que plus rien ne m’étonne. Penses-tu qu’ils me surprendront?

Ashael jeta un coup d’œil en direction de l’oracle.

-Je suppose que non… Avec toi à mes côtés, je suis au courant de tout. Plus rien ne m’étonne, vraiment.

Néanmoins, Ashael sentait dans ses viscères que Raquel ne le décevrait pas dans ce jeu… ou du moins l’espérait, car son fils était la pièce principale de la partie.

-Une pièce atrocement importante, murmura l’ange, pensif.

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Cassandre

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MessageSujet: Re: Quand les rêves se brisent ...   Lun 23 Aoû - 21:13

Alors que des centaines de questions et d'idées me parcourent la tête, je contemple le visage d'Ashael. L'image de Raquel, regardant avec tendresse une femme, comme je l'ai vu une fois dans cette rue me fait frissonner. La seule chose que j'ai vu dans ses yeux, c'était cette espèce de colère ravie dans mon rêve. Et je pense que ce regard me donnera dans peu de temps des cauchemars.
Je secoue mentalement la tête pour chasser cette idée terrifiante. Ashael est encore en train de jouer avec mes cheveux, en observant le mur droit devant elle. À quoi pense-t-elle ? J'aimerai bien le savoir, mais je n'ose lui demander. Pourtant, je suis sa protégée. Souvent, j'arrête mes mouvements ou tais mes paroles, méfiantes. Je ne sais pas pourquoi, parce que c'est la seule qui s'occupe de moi, et me crois.
Je sens une main sur ma tête. Ashael est en train de taper dessus, gentiment. Encore une fois, je vois une scène d'un parc. Ça me fais plaisir. Ou elle veut me dire qu'elle est content, ou elle veut que je sois attentive. Je ne sais pas vraiment quelles solutions choisir pour décrire précisément ce geste.

-Tu vois, ma chère Cassandre, Raquel n’est pas aussi invincible comme le prétendent tes frères et sœurs. Nous avons tous une faiblesse, une part d’ombre qu’il nous faut protéger. J’ai appris cela en étudiant les humains, les vampires et même les anges, à mon grand malheur.

Et ses mains recommencent à jouer avec les mèches noires de ma chevelure. Encore une nouvelle fois je frissonne. Dès que ses doigts frôlent mes oreilles ou ma nuque. Ou bien parce que je pense au regard de Raquel, viré sur moi avec cette expression cauchemardesque. Vivement ma prochaine vision, histoire que celle-ci disparaisse enfin ! Aussitôt Ashael reprends son discours explicatif.

-Raquel, ton frère, mon fils, possède une formidable faiblesse. Il est… plus humain qu’il n’y paraît. Il y a quatre cent ans, je ne me doutais pas qu’il puisse être aussi vulnérable, mais un évènement incroyable est alors survenu… 

-Quel événement ? demande-je, très intrigué.

Son histoire commence à devenir très intéressante, comme un de ses films à suspense dont les humains veulent absolument connaître la fin. Ashael continue, sans prendre compte de ma question. Elle semble vouloir déjà répondre à celle que je lui ai déjà posé, c'est à dire : quel est ce jeu auquel Raquel est mêlé ?

-Grâce à cela, je sais comment l’abattre, mais avant il faut jouer. N’est-ce pas ? Il faut jouer lentement, doucement, parce que s’il s’aperçoit de quelque chose trop rapidement, et non à l’heure prévue, tout risque d’échouer. Pour se faire, j’ai besoin que tu te concentres principalement sur Raquel, Cassandre, mais n’oublie jamais d’ouvrir ton esprit à toute autre prophétie. Garder un œil sur cette petite Ida est nécessaire également, nous saurions quand exactement la mademoiselle décidera de lancer ses valeureux guerriers contre nous.

Puis enfin, elle laisse mes cheveux. Je les rassemble sur mon épaule en pensant à cette petite vampire. Ça fait longtemps que je n'ai pas pensé à elle. Pourtant elle aussi fait parti des pires ennemis d'Ashael. Elle ne doit pas vraiment avoir bougé depuis un moment. À la limite, je préfère voir la jeune Ida dans mes rêves plutôt que l'autre qui me terrifie. Pendant je pense à cette roussette amatrice de sang, Ashael s'énerve sur son corsage.

-J’ai besoin de tout savoir sur Raquel. Inutile d’envoyer des espions, il les repéra et les tuera. Demeurons à l’écart, Cassandre. Préviens-moi de toute vision le concernant et de mon côté, je veillerai à ce que mon arme lui tombe entre les mains. 

-Quel arme, l'amour ? C'est ça qui va le faire tomber ?

Là, il ne me répond pas pour la simple et bonne raison qu'elle ne semble pas m'avoir entendu. Ashael réfléchit, et un sourire inquiétant s'épanouit sur ses lèvres. J'ai encore un frisson. Il ressemble tellement à celui de mon rêve que je baisse la tête. Puis il continue sa tirade.

-Le jeu a commencé il y a deux mille ans, Cassandre. Et maintenant, je vois poindre le jour où l’un des joueurs triomphera. Ce qui est amusant dans tout ça, vois-tu, c’est que ces joueurs ignorent qu’ils participent au jeu et qu’ils en sont les piliers principaux. Ce qui m’ennuie, par contre, c’est que plus rien ne m’étonne. Penses-tu qu’ils me surprendront?

-Dans les jeux, c'est le rôle le moins drôle dans une partie, celui qui déplace les points, car il sait tout d'avance.

Elle me lance un regard puis enchaine, l'air amusé :

-Je suppose que non… Avec toi à mes côtés, je suis au courant de tout. Plus rien ne m’étonne, vraiment … Une pièce atrocement importante, conclut Ashael, encore pensive.

-Qui donc, Ida, ou Raquel ? Ou encore l'arme contre mon frère ?

Je me tais, pourquoi donc je l'ai appelé ''mon frère'', c'est tout sauf le cas. Il est celui que tous évitent. Raquel est le mouton noir de la famille.

-Et comment je pourrais faire pour surveiller Raquel plus précisément ? Je pourrais le pister ? Dans Paris ?

Je me relève. Les yeux pleins d'espoirs. Ashael pourrai m'autoriser une sortie. Comme ça je n'aurai pas un sermon quand elle me retrouvera, ou que je rentrerai en douce alors qu'elle me cherche partout.
Et puis Ashael sait que j'ai souvent des visions plus concrète lorsque je passe très près d'une personne. J'ai compris ça lorsque le vampire a voulu me prendre mes ailes. J'ai une vision sur sa vie, sur ce qu'il allait lui arriver. Et Ashael vint accomplir ma prophétie une minute plus tard. Alors, les yeux pareils à ceux d'un petit chiot, j'attends sa réponse.

-Laisse moi aller le pister, pour que je puisse tout connaître de lui. Et ainsi je ne te serais que plus efficace ... je te promets que je ne l'approcherai pas de trop près, juste assez pour que je puisse faire avancer le jeu. Raquel ne saura jamais que je le suis

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Ashael
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MessageSujet: Re: Quand les rêves se brisent ...   Mer 9 Mar - 22:27

-Et comment je pourrais faire pour surveiller Raquel plus précisément ? Je pourrais le pister ? Dans Paris ? Laisse-moi aller le pister, pour que je puisse tout connaître de lui. Et ainsi je ne te serais que plus efficace ... je te promets que je ne l'approcherai pas de trop près, juste assez pour que je puisse faire avancer le jeu. Raquel ne saura jamais que je le suis.

Mes doigts, sur mon corsage, s’immobilisèrent puis s’agitèrent avec confusion. Comment ose-t-elle me faire cette requête, alors qu’elle connaît les dangers du monde extérieur? Comment peut-elle m’exposer ce… ce… cet espèce de sentiment que les humains nomment désir? Je la regardai, pensive, peut-être avec colère ou avec embarras… je ne sais trop. Il m’est difficile, j’en conviens, de définir et de démêler l’entrelacement de sensations que mon enveloppe charnelle éprouve par instant. Je connais la curiosité, l’amusement, l’agacement peut-être.

Je me détournai de Cassandre, et les mains jointes derrière dos, mon esprit accaparé par la contemplation d’une colonne blanche sur laquelle étaient gravés des motifs complexes et insaisissables.

-Raquel est dangereux, Cassandre. Il est inutile que je te le répète, car tu le sais toi-même. Il st peut-être un jouet pour moi, mais pour toi… tu es la petite souri que l’aigle saisit entre ses griffes. Tu es la biche prisonnière de la mâchoire acérée d’un lion.

Nul ne peut se douter combien mon fils est dangereux. Plusieurs s’arracheraient les ailes sur champ s’ils savaient la puissance que le corps rachitique et difforme de Raquel renferme. Ils estiment que son pouvoir est grand, colossal, et incroyablement inférieur au mien. S’ils savaient. S’ils connaissaient mes bévues, mes erreurs.

-Penses-tu que Raquel ne s’apercevrait pas de ta présence? Penses-tu pouvoir berner un ange déchu, un être aussi immonde et laid, aussi vil et corrompu, aussi humain?

Toutefois, si elle parvenait à s’approcher suffisamment, sans se faire remarquer, je pourrais avoir un œil sur cet homme, l’épier, l’étudier, connaître ses habitudes, savourer ses déceptions, avaler ses peines et ses misères, croquer à pleine dent dans sa détresse et dans son malheur.

-L’idée est tentante, Cassandre. L’idée est franchement séduisante. Mais s’il te découvre, tu es pire que morte. Or, je ne te veux pas à lui, je veux te garder. Tes visions me sont d’une aide utile, si précieuse.

Lentement, je tends mon visage vers mon épaule, jetant un regard froid et détaché sur la délicieuse ange assise sur le lit. Je suppose qu’elle me supplie de ces grands yeux innocents et hésitants, de ses belles lèvres entrouvertes. Sa chemise de nuit étant humide de sueur, ses formes sont exposées à ma vue. Pourquoi les humains sont-ils si friands de la nudité. Qu’a le corps humain de si mystérieux? Il n’y a que mes anges pour posséder une apparence parfaite et captivante.

-Crois-tu vraiment pouvoir te rapprocher de Raquel sans qu’il ne te remarque?

Je la dévisage, attendant une réponse. Puis, une pensée me traverse l’esprit… et je souris.

-Au fait, Cassandre, que devient notre amie Eledwhen?

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MessageSujet: Re: Quand les rêves se brisent ...   Ven 15 Avr - 13:34

Je n'aurais pas dû lui demander cela, même si mon envie de liberté est grande, je n'aurais pas dû. Je le sens que je l'énerve. Elle joue avec les laçages de son corset, en me fixant droit dans les yeux. Je supporte un instant son regard, puis le baisse, soumise. Je sais, je ne suis pas courageuse. Je suis juste un peu rêveuse et je rêve de liberté. Puis elle se détourne de moi, scrutant au loin la cité des anges qui s’étend sous ses yeux de par ma fenêtre. Elle doit être songeuse, je pense.

-Raquel est dangereux, Cassandre. Il est inutile que je te le répète, car tu le sais toi-même. Il est peut-être un jouet pour moi, mais pour toi… tu es la petite souri que l’aigle saisit entre ses griffes. Tu es la biche prisonnière de la mâchoire acérée d’un lion.


De toute façon, je suis prisonnière de ce lieu aussi … je le pense mais en même temps, je ne peux dire cela. Ashael ne veut que mon bien, et surtout ma sécurité. Je le sais, mais j'aime la liberté et je suis prisonnière dans ce monde de cristal. Je peux me promener dans ce monde, dans les jardins de cristal mais je suis seule. Personne ne me croit, personne sauf Ashael.
Entre un monde fermé et une mâchoire d'un lion, quel est le mieux ? L'un me tuera par l'usure, l'autre sur l'instant. Non, les deux me semblent se valoir.

-Penses-tu que Raquel ne s’apercevrait pas de ta présence? Penses-tu pouvoir berner un ange déchu, un être aussi immonde et laid, aussi vil et corrompu, aussi humain?


Peut-être bien, c'est ce que j'espérai, mais oui, comment le trouver. Et surtout, faire en sorte de ne pas me faire voir par là. Je connais les rumeurs, je connais la force qu'on lui prétends. Je sais par la même occasion que je ne tiendrai pas deux secondes contre un tel monstre. Mais quelle gloire y aurait-il de me tuer, moi, surement la seule ange incapable de se défendre. Me battre contre lui, je ne pourrais pas. La seule arme que je possède est un cadeau d'Ashael, une dague que je dois porter sur moi. Si un jour elle sert, ce serait plus pour menacer que pour attaquer. Face à n'importe quel ennemi, je suis sans puissance. Je ne sert que à l'arrière-plan. Mais que puis-je répondre à ma mère ?
Elle reprends, presque aussitôt :

-L’idée est tentante, Cassandre. L’idée est franchement séduisante. Mais s’il te découvre, tu es pire que morte. Or, je ne te veux pas à lui, je veux te garder. Tes visions me sont d’une aide utile, si précieuse.


-Pire que morte ?
Je répète, malgré moi, plus par peur et étonnement qu'autre chose.

Qu'est ce qui pourrait être pire que la mort ? La torture éternelle ?

-Mais mes visions seront moins claires tant que je resterai ici.


-Crois-tu vraiment pouvoir te rapprocher de Raquel sans qu’il ne te remarque?


Est-ce que je le crois ? Non, quasiment pas mais peu importe. Cela fait trop longtemps que je suis enfermé, il est temps que je sortes, que je sois libérée de cette cage d'or.

-Je ne serais jamais aussi près que je suis proche de toi mais je pense pouvoir berner sa présence assez longtemps que mes visions te soient bien plus précieuse encore qu'elles ne le sont. J'en suis sûre.

-Au fait, Cassandre, que devient notre amie Eledwhen?


-Eledwhen ?


Qui c'était, oui, peut-être que ?

-Elle ?

Je viens de m'en souvenir, cette ange, proche également d'Ashael et surtout, si je m'en souviens bien, complètement dingue. Elle passe parmi les anges pour avoir perdu l'esprit.

-Comment pourrais-je le savoir, je ne l'ai vu depuis plusieurs siècles. Elle n'est pas venu à la cité depuis un bout de temps. Et moi je n'en suis pas sorti depuis presque aussi longtemps.

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Quand les rêves se brisent ...
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