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L'Homme est pris dans une guerre qu'il ne peut voir, qu'il ne pourrait comprendre, et à laquelle il ne saurait prendre part.
 

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 Doux hybris [Pv Sophie]

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Jui de Sinscène

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MessageSujet: Doux hybris [Pv Sophie]   Lun 27 Déc - 22:28

&
Sophie Durocher and Jui de Sinscène
Trottoir - 2 : 01
    L’invitation m’a été transmise tout juste hier. Mais à cette heure-ci, je pense plutôt qu’elle date d’il y a 2 jours en fait…ou peut-être pas…je ne sais plus. Je n’ai pas vraiment l’esprit clair à vrai dire. Mais peu importe, je me sens assez bien. Donc hier ou un peu plus loin, une vieille connaissance m’a envoyé une lettre. Il y disait s’excusait du retard pour l’avoir envoyé, et qu’il fêterait son anniversaire ce soir même. Je précise, cette vieille est un humain de près de 88 ans maintenant. Âgé le monsieur pour un humain, ne pas s’attendre à ce que je sympathise avec les jeunes humains, pas je ne les méprise mais j’ai une mauvaise image d’eux. Je ne fréquente pas (habituellement) les moins de 60 ans, excepté quand il s’agit d’assouvir des besoins de luxure. Je préfère les humains au-dessus de 60 ans, voire plus, je les trouve bien plus intéressant et plus mûrs de pensée que les autres. Et cette connaissance, ce devait à peine 5 ans que je ne l’ai plus vu. Je l’ai connu il y a de cela 10 ans me semble-t-il. Je ne pense pas connaître d’autres humains avec cette longévité « d’amitié ». Je pense même qu’il est le seul. Mais dès notre première rencontre, il était déjà instruit et intelligent. Mon apparition dans sa vie n’a fait que l’instruire davantage. Passé un moment, je venais régulièrement chez lui, pour lui étaler tout mes savoirs et ma science, et lui il prenait tout en note. Je ne sais pas s’il est au courant pour ma nature vampirique, mais à mon avis il doit avoir des soupçons…s’il croit au fantastique. Dans ce domaine-là, je ne le connais pas assez bien malheureusement. Mais qu’importe, qu’il le sache ou pas, ça ne changerait pas grand-chose à mon existence, ni à celles de ma noble communauté.

    En me préparant pour cette fête, je ne savais pas quoi mettre. Je savais qu’il aimait le sobre, mais pour une fête le sobre ne passe pas. Finalement, j’optai pour un costume noir sertie de fils d’argent assortis aux boutons de manchette, par-dessus une chemise à jabot noire fine, et mes longues bottes de cuir. J’en conclus, c’est assez pauvre, mais mon invité n’était pas simple, puis de toute façon il affectionnait n’importe quel habit que je porte. Et je n’eus pas tord en arrivant. Il m’accueillit chaleureusement, comme à son accoutumé, lui et les autres invités. On n’était pas beaucoup, à peine 10. Il y avait un peu de tout les âges, mais (très) globalement ça donnait 45/300 ans. Bien évidemment, j’étais le plus instruit de tous. Un vampire face à des humains, il y a un fossé qui les sépare je dis souvent. On a parlé un peu de tout, de nos récentes découvertes, ce qu’on envisageait de faire, et bien d’autres encore. Ensuite de ça, ils ont joués aux cartes. Non je ne participe pas aux jeux de cartes, je les apprécie moyennement. Le seul jeu de cartes que j’aime bien c’est le tarot, mais c’est tout. Pendant ce temps, je m’étais retiré, à boire du champagne que l’on m’offrait. Mais pas que du champagne il y avait, mais j’essayais de m’abstenir de ça. Sauf que quand l’ennui vous prend, et que les invités autour de vous s’y mettent aussi, difficile de continuer à jouer le raisonné. J’abandonnai bien vite, et le champagne laissa sa place au rosée, qui laissa sa place au tequila, qui laissa sa place à la vodka, qui laissa sa place à…plus rien d’autre, je pense que c’est déjà assez. Au bout d’une petite heure, je décidai de partir, souhaitant mes meilleurs vœux pour cette vieille connaissance. Non, je ne lui pas acheté de cadeau, ni les autres, car il a précisé dans sa lettre qu’il n’en voulait pas. Le gâteau? Oh non, je n’y suis pas resté. J’ai voulus quitté la fête car je me sentais de moins en moins apte à y être. Quand c’est comme ça, je préfère me retirer que de faire n’importe quoi qui me coûterait cher par la suite.

    C’est donc sur le trottoir pavé de cette rue que je me « baladais » au gré de mes propres pas. J’avais l’impression de marcher sur le sol d’un bateau en pleine croisière, vu de l’extérieur on croirait que je marche sur des œufs je suis sûr. Je devais avoir le regard complètement ailleurs aussi, à regarder comme un illuminé. Surtout que je n’arrêtais pas de regarder un peu partout, à me surprendre des choses que je voyais. Une cannette par terre, un chat sous une voiture, j’avais l’impression de tout redécouvrir. Je n’étais pas encore au point à me tenir au mur, mais c’était limite. Je devais avoir l’air misérable, heureusement qu’il n’y avait pas grand monde. Mais je me sentais très bien, presque euphorique malgré tout. Quand je fus pris d’un léger vertige, là je dus me tenir à quelque chose. Ma main se posa sur le capot froid d’une voiture, m’arrêtant dans ma marche. Je m’y appuyai, et essayai un temps soit peu de mes esprits…pour en éclater de rire. C’était sortit tout seul, mais ça faisait du bien. Je ne faisais même pas attention aux pas qui s’approchaient de cette voiture. Sûrement son propriétaire…mais pas grave.


Dernière édition par Jui de Sinscène le Mer 12 Jan - 19:05, édité 1 fois
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Sophie Durocher
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MessageSujet: Re: Doux hybris [Pv Sophie]   Jeu 6 Jan - 23:43

    Depuis quelques semaines, Sophie se trouvait à nager entre deux eaux. Elle ne savait plus où donner de la tête, que faire pour se sentir au mieux. D’un côté, il y avait son mari à la maison, ses maitresses qu’il ramenait sans se soucier le moins du monde qu’elle ne les rencontre. Elle voulait le fuir. Ça n’était pas nouveau. Son mari était la seule chose qu’elle était parfaitement incapable d’affronter. Pour l’éviter, elle travaillait tard. Ça faisait des années qu’elle partait du bureau la dernière, fermait tout derrière elle. Quand elle partait, c’était rarement avant minuit. Mais depuis que le nouveau patron s’était installé – cet odieux jeune homme – elle n’avait plus le droit de partir après lui. Ça ne la dérangeait pas. En fait, depuis son arrivée, elle partait souvent plus tôt, n’ayant pas la moindre envie de partager le même air. Elle devait constamment choisir entre éviter la maison, ou le patron.

    Ce soir, elle avait eu de la chance. Nathan avait une course importante à faire. Il était parti un peu avant la fermeture, pressé. Sans doute allait-il rejoindre une jeune grognasse quelconque. Sophie tiqua, tapota son bureau avec le crayon qu’elle tenait à la main. Elle était seule dans les locaux, il était très tard. Ou très tôt, si on prenait la perspective qui veut qu’une nouvelle journée commence à minuit et non au moment du lever. Elle était agacée. Très agacée. Nathan. Ce qui l’agaçait le plus, c’était qu’il provoquait chez elle les mêmes réactions que son mari. S’il s montrait au bras d’une jeune fille, elle le houspillait, s’hérissait. Probablement qu’elle déviait vers lui la colère qu’elle n’exprimait pas pleinement à son époux.

    Elle ferma les yeux, se massa les temps. Il était temps qu’elle s’en aille. Franchement, elle ne tenait même plus debout. Elle se demandait même si c’était sage de prendre sa voiture pour rentrer chez elle. Elle devrait peut-être s’étendre sur le sofa qui trônait dans le bureau du patron … Non. Hors de question. Elle mit de l’ordre dans les dossiers sur lesquels elle travaillait, les fourra brusquement dans son classeur, persuadée que même si l’insomnie la frappait cette nuit, elle ne trouverait pas l’énergie de se replonger dans le boulot. Le cas sur lequel elle travaillait lui donnait le tournis. C’était une affaire sordide de meurtre prémédité. Une femme avait voulu se venger des infidélités de son mari et l’avait séquestré, lui et sa maitresse, pendant plusieurs jours avant de les tuer. Elle plaidait la folie. Sophie travaillait contre cette femme; elle avait le devoir de la faire enfermer, de prouver qu’elle était saine d’esprit et qu’elle avait mûrement réfléchi son acte. Facile. Un contrat comme elle en avait vu des centaines. Sauf qu’en réalité, elle aurait préféré la défendre, pouvant facilement comprendre ce qui peut se passer dans la tête d’une femme ainsi lésée.

    Le parking était désert. Sa voiture était la seule de toute la place, plantée au milieu de nulle part sous un lampadaire diffusant une lumière ténue. Elle frissonna et serra la main sur son sac. Elle sentit à travers la paroi de tissu la forme rassurante de son revolver et accéléra le pas. Elle ne se sentit parfaitement à l’aise qu’une fois que toutes les portes furent verrouillées et qu’elle eut les deux mains sur le volant. La clé était dans le contact. Le véhicule vrombissait doucement.

    Elle s’arrêta dans un petit restaurant ouvert 24 heures. Ça faisait partie de ses habitudes de l’époque où elle restait toujours la dernière au bureau. Au début, c’était une précaution. Elle se disait : « Peut-être que si je rentre maintenant, je vais le surprendre avec une autre. » Alors elle s’arrêtait quelque part, mangeait un morceau, et rentrait ensuite. Puis c’était devenu une habitude. Elle n’y pensait même plus. Elle but une tasse de thé bien chaud et se commanda quelques biscotes. Quand elle ressortit du restaurant pour gagner sa voiture, elle eut l’impression qu’il faisait encore plus noir. Sa voiture était garée une rue plus loin et elle marcha avec empressement pour la regagner.

    Mais quand elle la vit elle ne fut pas rassurée. Un inconnu s’y tenait appuyé. Elle s’arrêta, considéra la scène un instant. Elle se demanda si c’était raisonnable de rentrer à pied. Ou alors de s’appeler un taxi. Elle reviendrait chercher sa voiture plus tard dans la journée, à la clarté. Mais elle n’avait pas envie de retrouver sa voiture rayée ou endommagée de quelque autre manière. Elle se composa alors un air sévère et reprit sa marche. En approchant, elle constata que l’individu était saoul. C’était irréfutable. Elle soupira. Ce genre d’excès lui déplaisait.

      « Je vous prierais de vous écarter, monsieur. Vous bloquez ma portière. »


    Son ton était froid, sec. C’était le ton qu’elle avait souvent utilisé avec Souny quand celle-ci lui avait des raisons de le faire. Le ton d’une mère.

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Jui de Sinscène

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MessageSujet: Re: Doux hybris [Pv Sophie]   Ven 4 Mar - 19:17

[désolé du retard]

    Wouah…mais alors, la soirée. Assez morne elle était, mais après quelques verres ça va beaucoup mieux. Sauf que…je ne pensais pas en boire autant sur le moment. Oh j’aime bien être saoul, être sous l’effet zombie, même ce que je bois n’a aucune saveur. Mais là où j’en suis, je pense que me saouler n’était pas une si bonne idée que ça. Bon, je pense m’en sortir vivant, ce n’est pas comme si je ne pouvais plus du tout me tenir debout. Là oui, je serai…pas sortis de l’auberge on va dire. En attendant, là…j’avais besoin de m’appuyer quelques instants sur quelque chose. Et ça faisait drôlement du bien, je trouve. Puis quelqu’un vint. Tournant la tête vers cette personne, je la regardai des pieds à la tête d’un œil à la fois hébété et joyeux. Une grande blonde c’était…avec des mensurations tout à fait acceptables, même au niveau de la poitrine. Je regardais cette partie d’un œil attentif. Cette femme avait un beau port de cou, et la poitrine suivait, quoi de plus beau?

    Je relevai la tête vers elle quand elle se mit à parler, à moi apparemment. Et elle…me donna un ordre. J’en haussai un sourcil, sur le point de pouffer de rire. Mais je ne ris point, tout resta bloqué dans le ventre, tout comme les boissons dont j’ai bu. Que quelqu’un me demande quelque chose sur ce ton-là me stupéfiais…comment osait-elle? Mon charme irréfutable ne lui faisait donc aucun effet? J’y pense…je suis saoul…un homme saoul n’a aucune élégance…enfer et damnation, pourquoi faut-il qu’il y est toujours un mauvais côté sur les bonnes choses?! Bref, cette femme, humaine, j’avais très envie de la remettre à sa place, mais une nouvelle fois je fis autre chose.

    Je m’avançai vers elle, d’un pas maladroit, tout en m’appuyant toujours à la voiture, et me stoppai pas loin de l’humaine. J’essayai de lui sourire, de manière charmante, mais je ne pense que ce soit très réussi, et lui répondis calmement.

    " Madame…laissez-moi vous dire que vous avez une très jolie automobile. Et…serait-ce trop vous demander si…si vous ne seriez pas d’accord pour me ramener dans ma demeure? "

    Jean-Marie, mon servent, doit me chercher? M’en souviens plus, l’automobile de l’humaine fera l’affaire. Ma voix était mal assurée, un peu tremblante même, ça me désolait. Mais pour l’instant je ne pouvais rien y faire, alors pourvu que cette fichue créature de bas étage daigne d’accepter ma demande! Bon sang, ils sont passés où les humains naïfs et crédules qui croient n’importe qui dans ce fichu quartier?!
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Sophie Durocher
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MessageSujet: Re: Doux hybris [Pv Sophie]   Sam 12 Mar - 8:43

L’homme s’approcha de quelques pas chancelant vers l’avocate. Celle-ci ne broncha pas. Un homme qui devait se tenir à la portière pour demeurer debout ne lui faisait pas bien peur. Et elle en avait vu de pires, et de plus menaçants. Cet homme là avait juste l’air parfaitement paumé, agrippé à sa voiture sous la lumière blafarde d’un lampadaire.

    " Madame…laissez-moi vous dire que vous avez une très jolie automobile. Et…serait-ce trop vous demander si…si vous ne seriez pas d’accord pour me ramener dans ma demeure? "


Sophie arqua un sourcil, étonnée et un peu choquée par cette demande. Elle regarda sa tenue, élégante comme toujours, pour les journées de travail comme pour les journées qu’elle passait seule à la maison. Elle avait l’air d’une accompagnatrice de Tolérance Zéro ? Non. Elle se rappelait que plus jeune, elle avait souvent conduit la voiture complètement saoule, parce qu’elle était la plus consciente du lot. Et elle n’avait même pas le permis, à l’époque. Elle soupira, et fouilla de la main droite dans sa bourse. Elle en sortit non pas la clé de sa voiture, mais son téléphone portable, qu’elle tendit du bout des doigts à l’homme ivre.

    « Tenez. Il existe une invention fabuleuse dans cette ville qu’on appelle taxi. Vous téléphonez, vous payez, et ils vous emmènent là où vous voulez aller. Et vous pouvez même vomir sur leur siège si vous payez un petit supplément, ce qui n’est absolument pas le cas dans ma voiture. »


Voilà, pensa-t-elle. Sa contribution s’arrêterait là pour la soirée. Elle ne voulait pas aider cet homme plus que nécessaire. En général, la compagnie des hommes ivres l’ennuyaient. Dans les cocktails organisés par le bureau, il ne manquait jamais d’y avoir au moins un jeune qui se détruisait à grands coups de drink derrière la cravate et qui ruinaient leur carrière avec une attitude déplacée et des flaques de vomi disséminées un peu partout. Les évènements « buvez à volonté sur le bras du patron » c’était plus souvent un piège pour trouver les mauvais éléments qu’une réelle invitation à boire tout son saoul.

    « Je veux bien attendre le taxi avec vous. Et si vous n’avez pas d’argent je peux même vous le payer. Mais vous ne monterez pas dans ma voiture. »


C’était son dernier mot. S’il refusait, il pouvait bien rentrer à pied ou dormir dans un caniveau, pour ce qu’elle en avait à faire.

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MessageSujet: Re: Doux hybris [Pv Sophie]   Dim 10 Avr - 12:10

    Très jolie la madame…très bien faite…sur le coup, je me demande si son sang est tout aussi délicieux que son corps. Sûrement, en âge je lui donnais bien 20 ans. Ma demande sembla la rendre confuse…ou perplexe. Mais elle chercha quand même dans les méandres de sa bourse sortit pour moi, les clefs de son automobile. Oh oui, cherche ma belle, cherche pour moi, et emmène-moi dans ton automobile, rien que tout les deux…emmène-moi jusqu’à chez toi, que je t’invite dans ma demeure pour te remercier, et que je prenne un peu plus connaissance de tes capacités physiologiques. Mais à mon grand étonnement, elle me tend une sorte de boitier avec des touches et un écran…la chose se nomme portable il me semble. Regardant le boitier « portable » d’un œil à la fois stupéfait et morne, j’écoutais à moitié ses propos (mon esprit étant de moins en moins ouvert à une discussion sensée). Tout ça pour me dire…non. Elle me ferme la porte au nez avant de me l’ouvrir. Ah non ma belle, ah non…tu ne t’en sortiras pas comme ça.

    " Bien, merci…", dis-je avec une petite voix dans un sourire forcé tout en prenant le portable.

    Je commençai à appuyer sur une touche au hasard pour le « réveiller », faisant apparaître ce qu’on appelle un fond d’écran. L’écran, réellement, je le voyais assez flou, mais qu’importe. Je portai la main à mon ventre, mimant de me sentir assez mal, et je fis tomber le portable le plus accidentellement possible. Je clignotai des yeux, les sourcils arqués, et de l’autre main je massai doucement mon front, accentuant bien plus mon état nauséeux. Je pris une voix assez faible.

    " Oh pardonnez-moi très chère, je me sens si mal tout d’un coup…j’espère ne pas vous l’avoir cassé… "

    Je fis un pas en avant, comme pour aller ramasser son portable, mais je jouai de nouveau la comédie en faisant exprès un pas de travers pour me faire trébucher. Et pour éviter de tomber, le meilleur moyen fut de me raccrocher à elle…à son épaule. Là, bien au creux. Son odeur me parvint aux narines, une odeur plutôt dissimulée par du parfum, mais très douce. Je respirai assez fort pour continuer cette exagération, pensant bien faire. Là, cette jolie blonde devait sûrement avoir de la pitié pour moi, pauvre homme que je suis. Je poursuis d’une voix cassée.

    " Excuse-moi…mais s’il-vous-plait…je me sens vraiment mal… "

    Je levai la tête vers elle, me rapprochant un peu, et je la regardai de mes pupilles de biche qui imploraient de l’aide, mes fines lèvres légèrement entrouvertes. Charme, mets-toi en place, malgré le nombre de verre que j’ai ingurgité.

    " Ça ne vous coûtera rien…très chère…je vous promets de ne plus vous importuner après ça…s’il-vous-plaît, ramenez-moi… "

    J’essayais d’être assez émotif dans ma voix. Allez jolie blonde, ma belle, embarque-moi dans ton automobile, n’esquive plus! On ne refuse pas la porte à quelqu’un en difficulté normalement si on ne veut pas passer pour un monstre.
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Sophie Durocher
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MessageSujet: Re: Doux hybris [Pv Sophie]   Lun 11 Avr - 12:00

    Sophie leva les yeux au ciel, bien agacée. Se retrouver en pleine rue avec un jeune homme complètement saoul, ça pouvait se supporter. Même à l’heure tardive qu’il était, et même avec la crainte que les rues lui inspiraient le soir depuis cet incident, quelques années plus tôt, et dont elle se demande encore parfois si elle ne l’a pas rêvé. Son téléphone par terre par contre, c’est une autre histoire. L’agacement vient de prendre une allure plus matérielle. S’il est cassé, ça n’est pas monétairement que ça va lui poser problème; ça ne lui coûtera que du temps. Et du temps, c’est probablement ce que Maître Durocher a de plus précieux et qui se fait rare, depuis peu. Demeurer dans cette rue avec cet homme aussi, ça lui prendra du temps. Et pire encore de le raccompagner jusque chez lui comme il le demande.

    La femme posa ses deux mains sur les épaules de l’homme pour le repousser doucement. Il sentait l’alcool à plein nez et n’était pas bien dur à ébranler. Elle avait la ferme conviction que si elle le poussait un peu trop fort, il chuterait sur sa voiture, vue la façon dont il s’était écroulé sur elle. Elle exhala une nouvelle bouffée d’air, ennuyée, hésitant sur la conduite à adopter. Elle commença par se pencher pour ramasser son téléphone. S’il n’était pas cassé, elle appellerait le taxi et l’attendrait, comme elle l’avait suggéré, avec lui pour s’assurer qu’il aille bien. Elle regarda l’appareil. Il ne semblait pas endommagé mais comme elle se préparait à composer, elle croisa à nouveau le regard suppliant de l’homme. Nouveau soupir, puis elle hocha la tête, vaincue. Son téléphone, après avoir été nettoyé des saletés de la rue contre sa veste, reprit sa place dans son sac à main.

      « Très bien. Je vous reconduis jusqu’à chez vous. Mais pas d’histoires. »


    Elle le dit en le menaçant de l’index, tout elle l’avait fait avec son fils lorsque celui-ci sortait et qu’elle lui rappelait ses recommandations. Ne rentre pas passé onze heures. Si tu es saoul, prends un taxi, pas ta voiture, on te le paiera. On préfère te savoir en vie et dépenser quelques euros plutôt que d’apprendre que tu as embouti une autre voiture et que t’y es resté. Elle prit le bras de l’homme avec une certaine réticence et le conduisit jusqu’à la portière, côté passager. Elle récupéra ses clés , déverrouilla et l’invita à s’asseoir. Lorsque ce fut fait, elle referma la porte et fit le tour de la voiture pour gagner son siège. Mais juste comme elle passait devant le véhicule, elle s’arrêta. Une drôle d’impression, déplaisante, l’incita à parcourir la route du regard. Elle avait eu l’impression d’être épiée, caressée d’un regard. Mais la rue était vide et, mis à part ce déchet dans sa voiture, personne n’était en mesure de lui adresser le moindre regard. Elle se secoua et gagna sa place. Elle mit la clé dans le contact, balança son sac sur la banquette arrière et boucla sa ceinture.

      « Dans quel quartier je dois vous conduire, jeune homme ? »


    Ça l’agaçait franchement. Surtout que l’impression d’être épiée ne l’avait pas quittée.


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MessageSujet: Re: Doux hybris [Pv Sophie]   Mer 13 Avr - 12:21

    J’essayai de la fixer avec la plus grande détresse au monde…allez ma belle, dis oui, c’est pas comme si je te demandais de l’argent. Au début, je me retins de pousser un soupire de rage, car elle préféra ramasser sa machine vibrante à boutons que de me répondre, moi toujours accroché à elle. Je pensais avoir échoué. Les femmes exempte de pitié existaient toujours, triste constat, et qui m’embêtait bien assez. La regardant de mon regard inchangé, nettoyant son boitier elle m’annonça enfin qu’elle acceptait ma requête. Miracle! Alors les femmes froides et sans pitié d’aujourd’hui ont-elles un peu plus d’humanité aujourd’hui? Peut-être bien, mais c’était tant mieux pour moi! Un grand sourire s’étira sur mon visage blême à la limite du transparent à cause de l’alcool. Elle le dit avec un peu de sévérité, mais ça n’empêcha pas la joie de m’inonder hâtivement.

    " Oh merci beaucoup, ma chère! C’est vraiment un geste reconnaissant que je vous dois, et j’espère vous le rendre tôt ou tard! "

    Tout en exprimant ma « fausse » joie, je marchai à ses côtés, me conduisant vers la portière du passager avec mes petits pas maladroits en contradiction avec ma voix portante du moment. Je clignotai un peu des yeux, l’alcool se joignant au jeu. J’ouvris la porte sans trop mal, m’assis et la referma. J’inspectai l’intérieur de sa voiture d’un regard silencieux. Eh bien, elle est comme moi…moi non plus je n’aime pas trop mettre de décoration dans la voiture. Je trouve ça inutile et puérile. Un tableau de bord sans rien accroché est bien plus classe. Bizarrement, je ressens une impression de lourdeur sur mon corps. Toute la vivacité qui m’habitait il y a un instant était tout d’un coup retombée une fois le fessier posé sur son siège. Maintenant, je ressens non pas un état de fatigue, mais d’éveil, être attentif aux moindres petites choses tout en aillant peu de vivacité. Je me sentais bien. Attendant mon chauffeur féminin, je crus un court instant qu’elle avait eu un problème. Elle tardait à monter, mais je l’attendais patiemment, fixant droit devant moi la route. Attachant ma ceinture, je lui répondis avec nonchalance.

    " Le quartier Longchamp, je vous prie. "

    Je n’ajoutai rien de plus. Regardant la route se défiler, je ne pipai mot. J’espérais pouvoir toucher sa sensibilité jusqu’au bout, j’aimerais bien en tirer plus que ça d’elle. Deux minutes passèrent, puis trois. Puis une illumination me vient : je ne connais pas son prénom. Jetant de brefs regards sur ma conductrice, j’avais une petite hésitation. Vu comme ça, la nuit, à son volant, elle ne me paraissait plus aussi jeune qu’il y a quelques instants. Je la voyais vraiment froide, un peu comme une marâtre. Mais je réussis à la fixer, trouvant cette apparence froide plutôt attirante…les caractères peu faciles sont souvent attirants.

    " Hum, très chère…pourrais-je savoir comment vous vous appelé? "

    Je ne sais plus quelle trajectoire a effectué mes yeux, mais mon regard se porta sur sa gorge et son léger décolleté. Comme c’est…joli. Sa peau est jolie, nette et claire, et les formes qu’elle lui donnait rendaient le tout vraiment appétissant en tout point. Ce qui redora à mon visage son sourire de bonheur, et je me décalai un peu plus sur mon siège vers sa direction, la regardant toujours.

    " Moi, c’est Jui ", dis-je avec un ton joyeux et assez enfantin.
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Sophie Durocher
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MessageSujet: Re: Doux hybris [Pv Sophie]   Lun 18 Avr - 16:02

    Le quartier Longchamp… pensa-t-elle en soupirant. Ça n’était pas la porte à côté. Enfin, c’était relativement peu éloigné de chez elle, par contre, d’ici à là-bas, c’était un bon bout de chemin quand même. Elle aurait préféré avoir moins long à parcourir avec ce sombre énergumène dans sa voiture. Elle replaça une mèche de cheveux derrière son oreille en se disant qu’il faudrait bien qu’elle fasse avec. Maintenant qu’il était monté, elle se voyait mal l’éjecter de son automobile. De toute façon, un homme dans son état, dans une voiture en marche, a le plus souvent un peu mal au cœur et garde donc la bouche close, ce qui, elle le pensait, lui éviterait de devoir lui faire la conversation. Après tout, elle avait eu une longue journée, et même au début d’une journée et de bonne humeur, Sophie Durocher était une femme très difficile d’approche. Elle faillit lui dire d’ouvrir la fenêtre. Pour qu’il ne vomisse pas dans l’habitacle, évidemment, mais aussi pour évacuer un peu l’odeur de fond de tonne qui accompagnait l’homme.

      « Hum, très chère…pourrais-je savoir comment vous vous appelé? Moi c’est Jui. »


    Eh bien, visiblement, celui-ci n’avait pas de mal à contrôler les maux de cœur liés à l’alcool, ou alors ils ne s’étaient pas encore manifestés. Tout dépendant du moment où il s’était copieusement arrosé la gorge. Elle poussa un nouveau soupire, ennuyée. Elle ne faisait aucun effort pour ne pas donner l’impression qu’elle l’était. Il était très rare qu’elle se forçat pour paraître sympathique. Elle pouvait être compatissante, protectrice, mais elle n’était pas sympathique. Son image dans les médias était celle d’une femme très professionnelle, axée sur ses objectifs, qui souriait très peu. À dire vrai, ça n’était pas seulement l’image d’une femme austère qu’elle projetait; elle était bel et bien cette femme austère.

      « Maître Sophie Durocher. »


    C’était tout. Il n’aurait rien de plus d’elle. Elle ne souhaitait en aucun cas ouvrir une porte à la familiarité, et pour cela, son titre professionnel suffisait amplement. Après un moment passé à rouler en silence après ces très brèves présentations, elle fut contrainte de s’arrêter à une lumière rouge. Agacée, alors qu’elle attendait pour redémarrer, elle se mit à tapoter le volant avec ses ongles. Il n’y avait personne en vue. Elle aurait très facilement pu appuyer sur le champignon et passer la lumière. Mais elle était avocate. Prendre le risque – si infime soit-il – de se faire pincer à brûler une lumière, c’était un suicide professionnel. En plus elle connaissait le coin. Cette lumière mettait toujours un temps fou à changer.

    La présence du jeune homme la mettait franchement mal à l’aise, faisant remonter à la surface d’anciens souvenirs de jeunesse. Ces soirées interminables et plus ou moins légales où elle défiait les garçons qui lui plaisaient dans des jeux à boire, ces folies, ces aventures sans queue ni tête qui auraient pu lui coûter cher, parfois. Elle n’aimait pas se souvenir de tout cela. Mais il y avait autre chose sur quoi elle n’arrivait pas à mettre le doigt. Pour se donner une contenance, elle passa la main derrière le banc pour récupérer son sac. Elle tâtonna un moment avant de l’attraper, puis le posa sur ses genoux. Elle alla pour l’ouvrir mais la lumière décida de choisir ce moment pour passer au verre. Elle grommela puis, machinalement, tendit son sac au jeune homme.

      « Vous devez être déshydraté. Il y a une bouteille d’eau, là-dedans. »


    Elle redémarra.

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