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L'Homme est pris dans une guerre qu'il ne peut voir, qu'il ne pourrait comprendre, et à laquelle il ne saurait prendre part.
 

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 Le faut-il ? [Souny]

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Raquel
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MessageSujet: Le faut-il ? [Souny]   Lun 27 Déc - 23:25

    Je ne suis pas ici pour les vêtements, ni pour le talent des artistes présents. Évidemment je ne nie pas le talent que j’ai sous les yeux. Quelques créations ont bien entendu attiré mon attention, mais ils ne sont pas au centre de mon intérêt. Je ne cherche ce soir à m’associer à personne. Non. Je ne suis ici que pour les corps qui défilent sur les élégants passages couverts de Paris à l’occasion de ce défilé mêlant artistes reconnus et artistes amateurs. Les corps sont exposés, souvent presque nus et je peux alors en définir les courbes, la force des muscles, la souplesse des tendons. Les corps que j’accumule depuis des années ne sont plus ce qui se fait de plus frais. Ils s’usent trop vite. J’ai besoin de nouveaux matériaux pour le bien de mon art. J’ai justement besoin de chaires fraiches et vivantes pour tester de nouvelles théories quant à la conservation des cellules. Je fais déjà des miracles, mais avec le temps, ceux-ci ne me comblent plus autant. Un peu comme pour les humains qui mettent constamment sur le marché de nouvelles marchandises pour remplacer celle qui, la veille, étaient « la crème de la crème ». J’ai foi en ce que ma science a encore du chemin à abattre pour atteindre la perfection. Je baisse les yeux sur mon calepin. J’ai esquissé quelques croquis des femmes qui ont le plus attiré mon attention jusqu’à maintenant. Les flèches, pointillés et mots gribouillés indiquent les modifications que je compte leur apporter à chacune. Ces femmes sont en parfaite santé. C’est pour ça qu’elles attirent mon attention. Les cellules malades sont moins agréables à refondre. J’ai éliminé dès le premier regard une jeune cancéreuse dont la carrière devrait se terminer dans les prochains mois, au mieux, une fervente consommatrice de drogues et une femme nouvellement enceinte. Un fœtus n’a rien à m’offrir pour ce que je veux découvrir. Je n’ai pas non plus gardé cette jeune femme stressée et animée de tics tellement discrets que j’ai du être le seul à les remarquer. Son corps, complètement tendu, ne sera pas plus agréable à travailler que l’écorce rance d’une plante coriace. Le défilé touche à sa fin et je n’ai que six visages d’esquissés dans mon calepin. Quelques personnes commencent à se lever, je fais de même. Je tourne le dos à l’allée au moment où les artisans eux-mêmes sont invités à défiler pour recevoir le prix de leur labeur. Je l’ai dit; je ne suis pas ici pour eux. Je m’éloigne donc et range le calepin dans la poche intérieure de mon veston après avoir observé les détails des esquisses. Je pourrais reconnaître ces filles n’importe où. Elles sortiront bientôt des loges, s’approcheront de ces tables et viendront se servir à boire, et peut-être à manger. En discutant avec elle, je pourrais poursuivre mon évaluation de leur état de santé en toute tranquillité, et ainsi resserrer mes critères. Je ne me suis pas trompé. Quelques filles sortent petites loges ouvertes pour elles et s’approche des tables. L’une d’elle passe près de moi. Je l’aborde. Elle a d’abord la réaction qu’a tout le monde en m’apercevant, un mouvement de recul, de dégoût. Puis elle serre la main que je lui tends en lui disant mon nom et ses yeux s’illuminent.

      « Raquel de Brackenheim ! Bien sûr que je sais qui vous êtes. Vous avez tout un nom dans le monde des arts. »


    Je la laisse dresser pour moi la liste de mes contributions au monde des arts et du spectacle et s’enthousiasmer de ce que je lui ai adressé la parole. Puis, comme je vais pour lui proposer de travailler pour moi, une main lourde et insistante se pose sur mon épaule. Et une voix stridente me fait grincer des dents.

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Souny Durocher

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MessageSujet: Re: Le faut-il ? [Souny]   Mar 4 Jan - 16:10

Souny Durocher observait avec lassitude les mannequins déambuler sur l’estrade d’une démarche gracieuse et précise, le port droit et austère, le regard sévère et hautain. Le défilé était constitué d’un mélange d’artisans et de créations hétéroclites présentés à un jury de cinq membres et d’une certaine quantité de spectateurs parmi lesquels figuraient des artistes renommés. Souny soupira et se détourna de son poste d’observation, allant vérifier que ses mannequins à elle étaient tous prêts.

Au passage, elle croisa quelques designers de mode, d’autres mannequins sveltes accoutrés de paillettes, de brillants, d’une multitude de tissus de toutes les formes et de toutes les couleurs. Le gagnant de la compétition de ce soir remportait un titre et une certaine renommée dans le monde des arts de la mode. Souny n’avait guère espoir de gagner, elle espérait seulement se faire remarquer.

« Bah, ma création détonne… C’était déjà ça. »

Ces cinq mannequins étaient deux hommes, deux femmes et une jeune adolescente de treize ans qui était, en réalité, la sœur de Judith, une très bonne amie à Souny. L’un des deux hommes portait un habit pompeux du XVIIe siècle dans les teintes de rouge et de noir et arborait un maquillage cadavérique ainsi qu’une coiffure bouclée et poudrée, alors que l’autre exhibait un ensemble de cuir moulant inspiré visiblement des habits traditionnels des sadomasochistes. L’adolescente, elle, portait une jolie robe gothique lolita et une magnifique chevelure de dreads écarlates. Les deux autres femmes, tout aussi dans le thème gothique, avaient des costumes similaires aux deux hommes. Celle en robe du XVIIe siècle possédait une traine impressionnante et un corsage constitué de dentelle, de perles et d’un entrelacement complexe de fils sur la poitrine.

-C’est votre tour, allez-y.

Bien qu’on apprécie généralement son œuvre, Souny Durocher ne recevait jamais de prix… Hormis dans les concours à plus faible échelle et où elle peut laisser libre à sa folle imagination. En vérité, Souny Durocher n’aimait pas vraiment ces défilés.

« J’préfère les photo shoot. Comme ça, je peux construire tout un décor, costumer des amis et même moi, et s’amuser tout la journée à prendre des poses différentes. »

Et la jeune femme était plutôt photogénique. Malheureusement, sa taille et son poids l’empêchaient de parcourir l’estrade en affichant ses propres créations. D’un haussement d’épaules, Souny assista à la prestation de ses mannequins qui fut suivie de chauds applaudissements. Sa mère l’avait récemment houspillée sur la mauvaise utilisation que Souny faisait de son argent.

« Elle ne comprend jamais rien, cette bonne femme. Elle se croit mieux que les autres. Elle pense quoi, que mes tissus que mes machines à coudre me coûtent quelques dollars? Je prends la meilleure qualité possible, et ça implique forcément que ça me coûte cher. »

Le défilé se termina par des applaudissements. Ensuite, les mannequins et les artistes étaient invités à se changer, à enfiler des vêtements agréables puis à venir discuter avec les invités. Souny Durocher aida la sœur de Judith, Caroline, à se départir de sa robe lolita, et l’accompagna jusqu’à l’extérieur du bâtiment.

-C’était vraiment super, Souny! S’enthousiasma la petite. J’avais l’impression d’être une petite princesse que tout le monde admirait!

Souny sourit, la remercia d’être venue et retourna à l’intérieur une fois que Caroline fut entrée dans la voiture de ses parents. La réception se déroulait devant l’estrade, il y avait de longues tables blanches surchargées de victuailles et des serveurs en livrée noire et argentée circulaient parmi les invités pour leur offrir des coupes de champagne. Souny en accepta une, engouffra dans sa bouche quelques hors-d’œuvre tout en glissant subtilement dans son sac à main… Son réfrigérateur et son garde-manger étant plutôt vides, Souny profita de l’occasion pour s’amasser des provisions.

Soudain, elle entendit une voix haute et claire, particulièrement mielleuse qui articula distinctement un nom imprononçable.

« Ne me dis pas… »

La jeune femme distingua la silhouetta haute et rachitique d’un homme qu’elle avait par deux rencontrées dernièrement. Doucement, elle se rapprocha et, confuse, examina longuement les traits impassibles et sévères de Raquel de Brackenheim. Souny frissonna, hésita, puis s’avança et écrasa une patte sur l’épaule bien trop haute de l’artiste fendant.

-Woaa… Vous me suivez partout ou c’est le destin qui vous ramène toujours jusqu’à moi, Boum Boum.

La femme avec qui il s’entretenait se figeait et scruta Souny, étonnée et un brin agacée. Toutefois, l’expression de Raquel de Backmachin était encore plus amusante. L’un de ses yeux tiqua méchamment, ses lèvres se tendirent, ses joues perdirent à jamais le peu de couleur. Souny perçut également quelques craquements sinistres, provenant vraisemblablement de ses mains tout à coup serrées.

-Oh… ou alors peut-être êtes-vous à la chasse?

Je souris de plus belle. Ses petits yeux méfiants me dévisagèrent.

-Si c’est le cas, je dérange peut-être.

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Raquel
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MessageSujet: Re: Le faut-il ? [Souny]   Mer 12 Jan - 17:26

      « Woaa… Vous me suivez partout ou c’est le destin qui vous ramène toujours jusqu’à moi, Boum Boum ? »


    Boum … boum ? J’arque un sourcil. Ça question ne me semble pas faire de sens le moins du monde. Et cette onomatopée tout à la fin de sa phrase … est-ce censé symboliser une quelconque marque de ponctuation ? Mais si c’est le cas, pourquoi diable le prononcer ? C’est parfaitement idiot. C’est comme si quelqu’un se donnait la peine de dire « point » ou « exclamation » pour marquer la fin de ses phrases. Boum boum … Je détourne le regard de cette furie qui a le don de me rendre furieux et plaque une main sur ma poitrine, afin de vérifier que ce stupide organe ne s’emballe pas de nouveau. Non. Il semble parfaitement calme. Parfait. Je ramène mon attention sur la mannequin que j’avais abordée. Mais la jeune hybride ne m’aide pas à me concentrer.

      « Oh… ou alors peut-être êtes-vous à la chasse? Si c’est le cas, je dérange peut-être. »


    Elle n’aurait pas pu mieux deviner. Tant pour la chasse que pour fait qu’elle me dérange tout particulièrement. J’ignore l’intruse et dit à la charmante créature que j’ai devant moi que j’en ai pour un moment, qu’elle s’éloigne un peu mais pas trop. J’irai la retrouver quand je me serai débarrassé de cette épine dans mon pied. Tiens … tout à coup l’expression semble prendre tout son sens pour moi. Une épine dans le pied … oui. Cette appellation lui va parfaitement bien. Je me tourne vers elle avec lenteur, lui adresse un regard tout à fait calme malgré mon agacement.

      « Dites-moi, mademoiselle Durocher … Puis-je savoir ce qui vous fait croire que vous pouvez venir m’importuner à tout instant ? Si je me fie à la réputation de Maître Durocher, il me semble qu’elle a pourtant fait preuve de laxisme quant à votre éducation. Elle a du sauter sans le savoir le chapitre sur les bonnes manières, qui explique qu’il est impoli d’interrompre une conversation sans y avoir été invité. »


    Francesca et Nathanial ont fait quelques recherches pour moi sur cette fille. Tout semble en règle. Elle est née dans un hôpital, tout a été enregistré. Des photos de son enfance peuvent même prouver qu’elle est née du ventre de Sophie Durocher et qu’elle n’est donc pas … Je ferme les yeux. La ressemblance est toutefois frappante. Je crois que même un miroir s’y tromperait. Je l’observe un moment. Sa tenue me rappelle ces trois individus qui ont paradé sur le podium un peu plus tôt. Il ne m’en faut pas plus pour faire le lien. Je parcours la salle du regard, à la recherche de ces personnes. Je ne trouve pas la plus jeune.

      « Vos créations étaient brillantes. Pas particulièrement à leur place dans un concours comme celui-ci, mais brillantes. Et votre choix de mannequins était très juste. Les visages semblaient faire partie des vêtements et leur donnaient vie. La jeune fille était particulièrement délicieuse … D’ailleurs à ce sujet, ne devrait-elle pas être en train de trainer près de ces photographes avec les autres ? »


    Je n’exagère pas en disant qu’elle était délicieuse. Mon regard s’est porté sur elle avec fascination. La pureté des lignes du corps, la souplesse de celui-ci … Une petite lueur s’allume au fond de mes yeux. Elle serait parfaite pour ce que j’aurais à en faire. Mais elle n’est pas en vue. Et maintenant que je ne me la rappelle, la femme que j’ai abordée un peu plutôt m’est maintenant tout à fait sortie de l’esprit. Je n’ai de pensée que pour ce corps encore innocent et vierge de tout péché. Elle m’inspire une sculpture. Quelque chose avec beaucoup de mouvements, de lignes fluides. Mais je suis peu assidu dans mon art … beaucoup des femmes qui m’ont inspiré des œuvres sont décédées d’ennui dans les cellules de mes sous-sols. Mais je continue de les préserver. Qui sait si leurs corps morts ne m’inspireront pas quelque chose à leur tour, dans quelques années.

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Souny Durocher

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MessageSujet: Re: Le faut-il ? [Souny]   Sam 29 Jan - 1:15

-Dites-moi, mademoiselle Durocher … Puis-je savoir ce qui vous fait croire que vous pouvez venir m’importuner à tout instant ? Si je me fie à la réputation de Maître Durocher, il me semble qu’elle a pourtant fait preuve de laxisme quant à votre éducation. Elle a du sauter sans le savoir le chapitre sur les bonnes manières, qui explique qu’il est impoli d’interrompre une conversation sans y avoir été invité.

Souny Durocher fronça les sourcils, et le pincement de ses lèvres s’accentua davantage au fur et à mesure que Boum Boum aimait s’entendre prononcer des belles paroles pompeuses et des mots incompréhensibles. Laxisme? Qu’est-ce que ça voulait dire, ça? Souny n’en avait aucune idée, et s’en foutait un peu. Ce qui la dérangeait, c’était le regard hautain et supérieur de l’homme, l’agitation frénétique de ses doigts, le son rauque et sensuel de sa voix méprisante et dédaigneuse. Et peut-être aussi le fait qu’elle ne comprenait pas souvent ce que ces deux grandes lèvres écarlates débitaient.

« C’est vraiment de très grandes lèvres… est-ce qu’elles sont gonflées au botox? »

La mince possibilité que cette pensée puisse être réelle fit sourire la jeune fille.

-Vos créations étaient brillantes. Pas particulièrement à leur place dans un concours comme celui-ci, mais brillantes. Et votre choix de mannequins était très juste. Les visages semblaient faire partie des vêtements et leur donnaient vie. La jeune fille était particulièrement délicieuse … D’ailleurs à ce sujet, ne devrait-elle pas être en train de trainer près de ces photographes avec les autres ?

Le sourire de Souny se figea et, rapidement, elle foudroya Boum Boum du regard. Souny n’était pas impressionnante du haut de son cinq pieds, mais parfois elle parvenait à afficher une expression sombre et sévère qui pouvait rivaliser avec celle de Sophie Durocher. Elle ne répondit pas immédiatement à la question que lui posait l’individu, se contentant de le dévisager avant d’avancer de quelques pas… réduisant ainsi la mince distance qui les séparait. Puis, elle enfonça fermement un doigt dans la poitrine incroyablement squelettique de Boum Boum, et réprima un frisson dégoûté.

-Deux choses, Boum Boum, j’devrais p’être être flattée que tu fasses des recherches sur moi… mais j’trouve ça un peu flippant, un peu malsain même. Qu’est-ce que tu cherchais? T’as trouvé des choses intéressantes? J’suis étonnée que ma mère soit restée ma mère sous mon certificat de naissance. J’pensais qu’elle aurait tout fait pour dissimuler nos misérables liens de parenté. Qu’elle m’ait permis de garder son nom de famille me surprend encore.

Souny eut un haussement évasif des épaules, puis dédia à son interlocuteur un sourire inquiétant.

-Ah, pis, mes bonnes manières se sont probablement perdues quelque part dans les rues malfamées de Paris. Si tu les croises, fais-moi signe.

La main valide de Souny vint glisser sur la poitrine de l’homme, effleurant le tissu doux et lisse avant de saisir le col de la chemise de Boum Boum et, d’un coup sec, elle tira brusquement afin que les yeux disparates soient au même niveau que les siens.

-En plus d’être laid, fouineur, t’es pédo. T’as vraiment rien pour toi. Tu sais que ce genre de chose, on les garde pour soi? T’avise pas de retrouver la p’tite et de lui faire quoi que ce soit, sinon je te coince et je t’arrache les couilles avec mes dents.

Autant prévenir, Souny n’avait jamais, jusqu’à maintenant du moins, arracher des testicules avec ses dents. Toutefois, elle avait envoyé à l’hôpital plus d’un imbécile. La jeune fille savait se défendre, ce qui était plus utile pour une personne de sa condition. Elle aurait probablement été agressée, battue ou violée si elle n’était pas parvenue à apprendre comment et où frapper. Ça, c’était grâce à Russel.

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Raquel
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MessageSujet: Re: Le faut-il ? [Souny]   Lun 31 Jan - 15:36

    Je n’aime pas que les gens me touchent. Ce doigt planté dans ma poitrine n’est pas qu’une insulte. C’est un défi inconscient. Pour moi, ça signifie « je peux faire ce que je veux, parce qu’ici, devant tout ces gens, tu ne me feras rien ». C’est vrai. Je n’aime pas faire d’esclandres. J’ai aimé cela pendant longtemps. Cela m’amusait. Mais ça n’est plus le cas. J’ai vieilli et appris que je préfère vivre une vie prudente et tranquille qu’une vie tumultueuse et remplie de surprises. Mon existence est déjà bien assez compliquée pour que j’aie envie d’y ajouter quoi que ce soit. Elle semble insultée que j’aie fait des recherches sur elle. Je ne vois pas pourquoi. La plupart des êtres humains que j’ai côtoyés aimaient qu’on se mêle de leurs affaires; ça leur conférait un sentiment d’importance tout à fait inexplicable. Mais celle-ci semble ennuyée. Son histoire avec sa mère ne m’intéresse pas. J’ai retenu l’information parce que sa mère est Sophie Durocher et que Nathanial me rabâche sans arrêt les oreilles avec cette maudite femme. Ce que j’en retiens, c’est que c’est une véritable sorcière, critique, désagréable, pointilleuse… Bref. J’ai autant envie de faire sa connaissance que de me faire arracher une dent.

    Je me retrouve soudainement penché en avant. Une rapide analyse me permet de comprendre que la main de cette maudite jeune femme – probablement qu’elle retient son caractère de sa mère – m’a empoigné par le col de chemise et la voilà qui … me critique sur une prétendue pédophilie ?

      « T’avise pas de retrouver la p’tite et de lui faire quoi que ce soit, sinon je te coince et je t’arrache les couilles avec mes dents. »


    Je tique. Pas parce qu’elle est menaçante ou quoi que ce soit. J’ai aussi peur qu’elle s’en prenne à moi que j’ai envie de me faire arracher une dent. Décidément, aujourd’hui … Je lui prends fermement le poignet et l’éloigne de ma chemise, d’un geste brusque et peut-être un peu plus violent que je ne l’aurais voulu. Cette impertinente finira par me faire perdre la tête. Je n’ai pas la moindre envie de m’étendre quelque part avec cette gamine à laquelle elle semble très attachée. Je ne dis pas que je n’aurais jamais considéré la chose … Les mœurs des hommes démontrent bien leur hypocrisie au fil des époques. Lors de mes premiers millénaires de vie sur terre, j’ai connu la pédérastie à son point culminant. C’était une pratique parfaitement normale et il était logique que, si la séduction ne prenait pas une journée avec une femme, on se tournait vers le premier gamin qu’on attrapait au passage. Eux ne savaient pas refuser. Je demeure penché. Même, je me penche un peu plus sur elle pour que mes lèvres se retrouvent près de ses son oreille.

      « Si vous deviez à nouveau me toucher, mademoiselle, sachez que je me ferai un plaisir de vous clouer moi-même les mains derrière la tête. Ai-je été clair ? »


    C’est contre mes principes et je le sais parfaitement. Je n’ai jamais fait le moindre mal à un hybride et je n’ai pas l’intention de commencer. Mais si je devais faire une entorse à mes principes, je crois pouvoir dire que ça serait envers elle.

      « Maintenant nous allons reprendre une conversation sur un ton civilisé pour que les gens influents qui sont ici et qui pourraient vous offrir une belle opportunité de carrière ne croient pas que vous vous êtes mis Raquel de Brackenheim à dos. Ça serait malheureux pour vous. »


    Je m’aperçois que je tiens toujours son poignet. Même que je le serre sans doute un peu fort. Je lâche brusquement prise et me redresse.


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Souny Durocher

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MessageSujet: Re: Le faut-il ? [Souny]   Mar 22 Mar - 23:55

-Si vous deviez à nouveau me toucher, mademoiselle, sachez que je me ferai un plaisir de vous clouer moi-même les mains derrière la tête. Ai-je été clair ?

« Et moi, je te crierais tellement fort dans les oreilles que ton petit air de pédant d’aristocrate grincheux disparaîtrait à la seconde. »

En effet, Souny Durocher avait appris à ses dépends que son croassement aigu de corbeau hérissait plus d’une âme, la protégeait même de toutes personnes indésirables et menaçantes. Et un certain pressentiment lui suggérait que ce bâtard de Brackbinouchetruc n’apprécierait pas que le chant mélodieux des cordeaux retentisse dans ses grandes oreilles délicates.

-Maintenant nous allons reprendre une conversation sur un ton civilisé pour que les gens influents qui sont ici et qui pourraient vous offrir une belle opportunité de carrière ne croient pas que vous vous êtes mis Raquel de Brackenheim à dos. Ça serait malheureux pour vous.

La jeune fille inclina légèrement la tête, fixant l’échalote d’un regard mi-amusé mi-agacé, puis croisa ses bras sous son opulente poitrine comprimée sous un corsage incroyablement rigide. Elle avait hâte de retourner à son appartement pour se changer, et accessoirement pour dormir.

-C’est gentil que tu t’inquiètes pour moi, Boum Boum, mais j’ai pas tellement besoin de ton conseil ni de ton soutient.

Elle aurait préféré avalé une pieuvre vivante plutôt que d’avouer que cet individu louche avait probablement raison. Il y avait effectivement une grande sélection d’artistes et d’agents renommés présents à la soirée. Nul ne faisait vraiment attention à elle, en vérité. On avait intercepté ces mannequins, on les avait félicités, mais elle n’avait reçu que peu d’éloges. Souny y était habituée. Elle se demandait même de plus en plus souvent si elle devrait continuer sur cette lancée : la couture ne lui amenait que des dettes et peu de profits. C’est ce que sa mère se tuait à lui répéter depuis des années.

L’attention de Souny se détourna vers le buffet où une généreuse sélection de victuailles était étalée sur la table. Peut-être pourrait-elle en glisser subtilement dans sa bourse… afin d’avoir quelque chose de délicieux à manger. Le souvenir de ses armoires vides à l’appartement cliquetait de plus en plus dans son esprit, répondant à ses gargouillements et à sa faim douloureuse. Elle n’avait rien mangé depuis l’après-midi… par manque de temps, à cause de l’angoisse.

Un serveur en livrée blanche et noire s’immobilisa près d’eux et leur offrit une coupe de champagne que Souny accepta avec plaisir. Un champagne de cette qualité n’était pas un breuvage qu’elle avait l’habitude de goûter régulièrement. Elle trempa doucement ses lèvres dans le liquide doré et pétillant, savourant la saveur alcoolisée et riche.

-Mais si ça te préoccupe tant, Raqui, tu pourrais m’engager. Comme ça, je n’aurais plus à me soucier de mon image.

Les lèvres de Souny se retroussèrent en un sourire moqueur bien qu’un frisson particulièrement désagréable la secoua de la tête aux pieds. Non. Elle ne souhaitait pas se rapprocher de cet épouvantail. Il hantait déjà ses rêves et ses pensées, le côtoyer quotidiennement serait sans doute une véritable agonie. Alors que ces derniers mots franchirent ses lèvres, Souny attarda son attention tout autour d’elle… réalisant que des yeux étaient rivés vers leur direction, ou plutôt dirigés sur la personne de Brackmachin. Il s’agissait de reporters et de jeunes mannequins voulant percer dans le métier et qui connaissaient vraisemblablement la renommée de Boum Boum. Ces mannequins dévisageaient froidement Souny, l’évaluant et la jugeant.

-Si tu veux mon avis, je risque plus de me mettre à dos toutes ces pitounes si je reste une minute de plus en ta compagnie.

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MessageSujet: Re: Le faut-il ? [Souny]   Ven 25 Mar - 14:04

    M’inquiéter pour elle ? Elle est bien bonne. Ça n’était qu’un prétexte pour qu’elle n’attire pas plus que nécessaire l’attention sur moi. Et surtout pour qu’elle arrête de piailler comme une insensée en m’accusant de toutes les mauvaises intentions. Mes intentions ne sont certes pas ce que le commun des mortels qualifierait d’honnête, mais je suis parfaitement moral dans ma définition de la moralité. Alors ce que les gens peuvent penser ne me posent qu’un demi problème d’ordre juridique, auquel cas je peux toujours compter sur Nathanial pour me sortir de l’embarras de la vie publique. Malheureusement il ne semble pas capable de me débarrasser d’un problème aussi bête que la présence dérangeante de cette jeune femme. D’ailleurs il n’est pas là. J’aurais du l’emmener à ce défilé avec moi.

    Un serveur s’approche de nous, offre à notre vue un plateau couvert de délicates coupes de champagne. Son service m’horripile. Il est minable, rien à voir avec l’époque où les serviteurs étaient de véritables artistes, compte tenu du fait que s’ils commettaient la moindre erreur, on les soumettait à la torture. Cette belle époque est révolue. Je décline l’offre du serveur d’un geste délicat de la main. Mon sang et l’alcool ne font pas bon ménage. Et si j’avais pris de l’alcool, je me serais sûrement étouffé avec dans les quelques secondes suivantes : « Mais si ça te préoccupe tant, Raqui, tu pourrais m’engager. Comme ça, je n’aurais plus à me soucier de mon image. »

    D’abord, c’est hors de question. Je n’engage pas n’importe qui pour fait affaire avec moi. J’ai beau posséder une fortune démentielle aux dires de plusieurs, il n’en reste pas moins que je la gère avec sagesse. Pour en faire quoi ? Collectionner les avoirs pour les léguer ? Les léguer à qui ? Qu’est-ce que je pourrais acheter que je ne possède pas déjà ? Enfin … Quoi qu’il en soit, je m’efforce d’investir là où je suis sûr d’avoir un substantiel retour de fortune. Je ne doute pas que sa collection ait du potentiel. De ce que j’ai vu, cette jeune femme a du talent et donner le coup de pouce de départ dans sa carrière me rapporterait sans doute beaucoup, et pas seulement monétairement. Mais l’un de mes principes les plus forts est de ne jamais m’associer de quelque manière que ce soit avec quelqu’un que je suis incapable de supporter. Selon Nathanial, cela réduit considérablement les partenaires financiers potentiels, mais je m’en moque. Cette fille, je ne peux pas la voir en peinture. Travailler avec elle serait une torture. Je ne travaillerai jamais avec quelqu’un qui m’affuble de surnoms ridicules. Comme elle semble se plaire à le faire. Boum boum, Raqui … et ça sera quoi la prochaine fois ?

      «Si tu veux mon avis, je risque plus de me mettre à dos toutes ces pitounes si je reste une minute de plus en ta compagnie. »


    Son langage me déplait, mais toutefois, je suis amusé. Un coin de ma bouche s’étire. Je connais bien ce domaine. Les contrats qui vont et viennent, l’ambiance de ce genre de défilés, les mannequins, les créateurs et les investisseurs qui sont à l’affût et guettent les mouvements de chacun.

      « Tout au contraire. Dès que je vous quitterai, on se précipitera sur vous, par curiosité. »


    Je me penche à nouveau vers elle, pour être plus près de son oreille.

      « Si aucun contrat ne vous est offert d’ici la fin de la soirée suite à notre conversation – ce dont je doute – j’achète la collection que vous avez présentée ce soir. »


    J’aime bien les paris. Je n’en ai pas l’air, mais le jeu m’attire. Bien sûr, je tords toujours les règles à mon avantage, mais le tout a tout de même quelque chose de très … comment dire ? De très distrayant.

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              « I won't look prettier if I smile for the picture Motherfuckers never liked me then and they Sure won't like me now Don't try to drag me down with your cliché Your fake grin fits your faker face But I find all my pleasure in your misery Yeah I'll step on you on my way up I'll step on you on my way down »
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Souny Durocher

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MessageSujet: Re: Le faut-il ? [Souny]   Mer 27 Avr - 0:36

-Tout au contraire. Dès que je vous quitterai, on se précipitera sur vous, par curiosité.

Souny Durocher était un brin amusé. Elle inclina la tête, honora les paroles de l’homme avec un mouvement de coupe avant de boire une petite gorgée de mousseux. En effet, discuter avec un homme tel que celui-ci – bien qu’elle ignorait exactement sa réputation dans le monde des arts – pouvait être un petit coup de pouce à sa carrière. Mais les folles espérances de la jeune hybride s’estompaient progressivement. Quelque part, elle avait conscience de ses talents, de ses aptitudes dans la création et la conception, mais cela suffisait-il? De toute évidence, non. Et puis, ne deviendra-t-elle pas un corbeau prochainement? Elle se donnait quelques années, sinon quelques mois avant que sa transformation ne soit complète. Ses omoplates l’élançaient quelques fois. Par moments, elle retrouvait un petite plume délicate sur un bras, sur une jambe.

« J’me demande où je vais bien me planquer quand j’vais avoir la tête d’un humain et le corps d’un corbeau. J’aurais dû naître aux temps des Égyptiens, ceux-là aimaient bien l’anthro…anthropo… en tout cas, mélanger les animaux et les humains. Et je vais faire quoi, en corbeau? Chier sur la tête de Sophie Durocher? »

Ses pensées n’étaient guère réjouissantes. Certains hybrides avaient accepté leur condition, d’autres, comme Souny, refusaient ce destin. Ou du moins, ce destin serait-il plus satisfaisant si le mode de vie de la jeune fille n’était pas aussi précaire.

« Des fois… je me demande ce que je serais, ce que je ferais si je n’avais pas été un corbeau. J’serais probablement encore à la maison, aux études, la mère me ferait à manger, garnirait ma penderie, me passerait un savon parce que j’ai fais des p’tites bêtises d’adolescente stupide. Elle me peignerait peut-être les cheveux, elle m’aimerait peut-être. »

-Si aucun contrat ne vous est offert d’ici la fin de la soirée suite à notre conversation – ce dont je doute – j’achète la collection que vous avez présentée ce soir.

Souny Durocher revint brusquement à la réalité, et dévisagea l’individu avec un sourire moqueur et des yeux rieurs. Elle émit même un rire léger.

-Et que ferais-tu de cette collection, Boum Boum? T’es pas un collectionneur ou un p’ti faiseur de patentes anciennes, toi?

Le langage de Souny Durocher n’avait jamais été bien élaboré. Il va sans dire que ses études furent généreusement écourtées, et qu’elle n’avait ni l’argent ni l’ambition pour y retourner. Les études en mode lui aurait sans doute plu… mais elle n’avait jamais eu la possibilité d’en suivre, encore moins d’en terminer. Il faudrait d’abord qu’elle finisse le lycée.

« Quand on grandit dans la rue, on devient pas Shakespir. En fait, quand on grandit dans la rue… on devient pas grand-chose. »

-Dis-moi, j’ai pas eu le temps de te poser la question l’autre fois durant ton expédition… tu t’es un peu enfui… mais… ça te vient d’où l’idée d’emmurer quelqu’un vivant?

C’était probablement la pièce de l’exposition qui avait le plus bouleversé Souny. Elle ignorait pourquoi, seulement ses cauchemars avaient pris de l’ampleur depuis. Lors du réveil, il lui était difficile de maîtriser ses nausées et ses migraines au point qu’elle vomissait parfois… ce qui n’est pas particulièrement charmant quand vous partagez le lit avec une conquête d’un soir. Non, vraiment pas charmant.

Souny réalisa que les regards que l’on leur dédié étaient de plus en plus nombreux, constata même que plusieurs étaient rivés sur elle. Peut-être que l’épouvantail n’avait pas tort, peut-être qu’on lui proposerait des contrats. Peut-être bien.


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Raquel
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MessageSujet: Re: Le faut-il ? [Souny]   Mer 4 Mai - 17:47

Elle a un petit rire, pourtant je ne crois pas avoir dit quoi que ce soit d’amusant. Je la toise un moment, pas intrigué, pas surpris. J’attends, seulement, qu’elle cesse de rire doucement et ne réponde à ma suggestion.

- Et que ferais-tu de cette collection, Boum Boum? T’es pas un collectionneur ou un p’ti faiseur de patentes anciennes, toi?

Encore ce « boum boum ». Et cette façon de parler en mâchant ses mots. Je reste un instant silencieux. Cherchant dans ma longue mémoire des références provenant de toutes les langues que je connais pouvant me permettre de comprendre tout ce qu’elle vient de dire. Je reconnais un peu de ce parler mâché et bonhomme des gens de la vieille capitale, au Québec. Y serait-elle déjà allée ? En tout cas elle n’en est pas originaire. L’accent français est trop prononcé et ne peut être que naturel. Or, de ce que j’en ai retenu, les québécois haïssent trop la prétention du parler de France pour laisser couler leur langue vers ce dialecte. Le contraire, toutefois, est tout à fait plausible, étant donnée l’étrange curiosité mêlée d’amusement que les français ont pour les gens du Québec.

J’hausse les épaules. À dire vrai, je n’ai que faire de sa collection, dans les faits.

    « Un jour, très chère, cette collection sera devenue un témoignage du passé et passera du côté des antiquités, de l’héritage culturel de l’humanité. Oui. Votre Œuvre aurait sa place dans ma collection. Dommage que vraisemblablement, je n’aurai pas à l’acheter, étant donné que je suis certain qu’un contrat vous sera proposé. »


Nathanial me gratifierait d’un regard noir. Selon lui, des commentaires comme celui-ci pouvaient ne pas manquer d’éveiller la curiosité des gens. Il est vrai qu’aucun humain, surtout à l’âge que j’affiche, n’aurait le temps de voir se transformer cette collection en antiquités. Mais la jeune femme ne semble pas remarquer l’étrangeté de mes propos. Elle me relance aussitôt.

-Dis-moi, j’ai pas eu le temps de te poser la question l’autre fois durant ton expédition… tu t’es un peu enfui… mais… ça te vient d’où l’idée d’emmurer quelqu’un vivant?

Mon sang se glace. Enfin … C’est une métaphore, puisque déjà il ne circule pas comme chez l’Homme. Pourquoi cette question ? De quelle expédition parle-t-elle ? Pourquoi me parler de cet épisode de ma vie ? Que sait-elle ? Et d’où le tient-elle ? Un élan de paranoïa me prend à la gorge. Je m’appuie sur ma canne, qui perd son usage de décoration et devient soudainement utile. Mon sourcil s’arque. Nathanial l’aurait tuée sur le champ. Moi, je ne le pourrais pas, saisi que je suis. Comment peut-être savoir si elle n’est pas Elle ?

Mais son regard innocent, sa façon de me regarder en attendant une réponse à sa question … ce ne peut être elle. Elles n’ont rien en commun de plus que leur allure. Je cherche, mes pensées allant à une allure folle. Puis, quelque chose me vient soudainement. Elle ne voulait pas dire expédition, mais bien « exposition ». Ma paupière tique, mais je me ressaisis un peu, quoi que restant méfiant. Je récupère ma superbe, prononçant ma réponse sur un ton bas.

    « Eh bien, certaines idées s’imposent à votre esprit plus que d’autres. Vous devez le savoir, vous êtes une créatrice. »


Je veux m’éloigner d’ici. Je veux m’éloigner d’elle et de l’incongruité de la situation, de l’impossible qu’elle m’évoque pourtant comme quelque chose de possible. Sa présence me dérange et en même temps me fascine. C’est peut-être pourquoi, en émettant une excuse rapide pour m’éclipser comme de quoi j’ai quelque chose d’urgent à faire, je commets aussi l’imprudence de glisser entre ses doigts ma carte d’affaire.

L’urgence en question ? Me calmer.

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